Lors du Dîner d’hiver 2024 avec Agnès Buzyn, nous avons reçu Anna Kaci, qui a introduit une méthode novatrice liant nutrition et métabolisme aux traitements anti-cancer, tout en prenant en considération les enjeux budgétaires.
Anna vient du monde de la recherche. Son travail consistait à accélérer le développement de nouvelles molécules contre le cancer, qui soient à la fois efficaces et dont la toxicité soit contrôlée, un cahier des charges complexe.
Aujourd’hui, elle est la fondatrice de la startup FASTEN et continue de faire de la recherche sur le cancer, non plus sur des médicaments mais sur le métabolisme du cancer et la nutrition.

- Le cancer, c’est la première cause de mortalité en France 40% de la population développera un cancer
- En France, le nombre de cancers a doublé en depuis 1990
- c’est aussi une maladie qui laisse des séquelles dans le temps, 75% des patients continuent de souffrir des traitements ou de leur cancer 5 après
- Et enfin, c’est le premier poste de dépense de notre système de soins 12,9% et 20md par an
- Le cancer une maladie qui touche de plein fouet l’ensemble de la société
Et dans ce contexte, Il est urgent de mettre en place des stratégies de prévention efficaces pour garantir à tous les citoyens de vivre en bonne santé tout en permettant à notre système de santé de se maintenir face à l’explosion des maladies chroniques. À titre d’exemple, une immunothérapie coûte en moyenne 90 000 euros par patient.
Mais d’abord comment définit on la prévention, Nous allons sûrement entendre à plusieurs reprises ce soir la définition de la prévention en santé : l’OMS définit la prévention en 1948 « la prévention est l’ensemble de mesures visant à éviter ou réduire le nombre et la gravité des maladies, des accidents et des handicaps ». Elle se décline en 3 niveaux : primaire, jouer sur les facteurs de risques avant que la maladie ne se déclare, secondaire : ce seront les actions de dépistage pour détecter à un stade précoce la maladie, et tertiaire : comment diminuer l’impact de la maladie une fois qu’elle est là.
Dans le cancer, comme dans l’ensemble des maladies chroniques du 21ᵉ siècle, il existe un levier majeur, peu coûteux et encore trop négligé : la nutrition.
La nutrition est le grand absent de nos systèmes de santé. Malgré son rôle fondamental, elle n’est pas encore pleinement intégrée aux parcours de soins. Pourtant, elle joue un rôle crucial à plusieurs niveaux :
- Sur l’apparition des cancers
Parmi les 40 % de cancers liés à nos modes de vie, 10 % sont attribuables à la nutrition, incluant le surpoids, l’obésité et les mauvaises habitudes alimentaires. Cela place la nutrition en deuxième position après le tabac (18 %) et devant l’alcool (8 %) comme facteur évitable. - Sur le pronostic des cancers
- La dénutrition touche 30 à 50 % des patients atteints de cancer et compromet leur réponse aux traitements, leur récupération et leur qualité de vie.
- À l’inverse, le surpoids et l’obésité aggravent le pronostic de nombreux cancers, comme celui du sein, où ils augmentent les risques de récidive et diminuent la survie globale.
- En prévention tertiaire : améliorer les traitements
La nutrition pourrait rendre les traitements anticancéreux plus efficaces et réduire leurs effets secondaires. Ce levier est aujourd’hui central dans notre travail chez Fasten : comment exploiter le métabolisme des cellules cancéreuses pour optimiser les thérapies tout en préservant les cellules saines ?
Le Métabolisme et le Potentiel du FMD
Le cancer est une maladie qui détourne le métabolisme à son avantage. Les cellules tumorales consomment l’énergie différemment des cellules saines, ce qui les rend particulièrement vulnérables à des interventions nutritionnelles métaboliques ciblées.
Parmi ces interventions, le Fasting-Mimicking Diet (FMD), ou régime imitant le jeûne, émerge comme une approche prometteuse. Le FMD simule les effets biologiques du jeûne tout en permettant une consommation contrôlée d’aliments.
Depuis 10 ans on a des données publiées dans les meilleurs journaux scientifiques qui montrent des recherches précliniques chez les animaux donc, chez les souris. que le jeûne et le FMD permettent d’améliorer drastiquement l’efficacité des traitements, tous les traitements ; chimiothérapie, immunothérapie hormonothérapie et de l’autre côté de diminuer la toxicité des traitements, parce que les cellules normales vont être capable de ralentir leur métabolisme et rentrer dans un état de protection.
les premières études cliniques montrent un potentiel intéressant :
- Réduction de la croissance tumorale
- Renforcement de la réponse immunitaire
- Diminution des toxicités des traitements, et amélioration globale de la tolérance aux thérapies.
Chez FASTEN, nous avons une ambition claire : évaluer le potentiel de ces découvertes à grande échelle.
Nous lançons actuellement un essai clinique en France, avec les centres de cancérologie. Nous proposons une solution nutritionnelle digitale, permettant aux oncologues de prescrire ces protocoles à leurs patients.
L’objectif est simple : savoir si demain ces solutions pourront faire partie de l’arsenal thérapeutique et apporter une réponse aux oncologues et à leur patients.




