Vous consultez un compte-rendu du dîner d’hiver 2022.
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Consultez également le compte-rendu de l’intervention d’Elisabeth Moreno.
Christophe Huchet est anciennement Athlète en natation valide et handisport, plusieurs fois champion de France, et propriétaire de 5 restaurants pendant 19 ans. Il est aujourd’hui Coach professionnel et membre affilié à l’ISIR.
Nathanael Jarrassé est chargé de recherche CNRS à l’Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique ISIR – Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique de Sorbonne Université à Paris.
Mamadou Camara président du Cercle Odéon, ouvre le dîner par quelques mots. Il annonce que l’égalité des chances sera la thématique centrale de celui-ci. L’invitée d’honneur en sera madame Elizabeth Moréno, ancienne ministre en charge de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances. Interviendront également Christophe Huchet et Nathanaël Jarrassé, personnes aux parcours source d’inspiration. Il remercie également l’excellente photographe, Ida Morin, pour son travail.
Nathanaël Jarrassé chargé de recherche au Centre national de recherche scientifique (CNRS) à l’Institut des Systèmes intelligent et Robotique (ISIR – UMPC) de Sorbonne Université, travaille dans une équipe de l’Institut national de la santé et de la recherche scientifique (INSERM). Elle est prénommée AGATHE pour Assistance aux Gestes et Applications THErapeutiques.
Sa recherche porte essentiellement sur l’interaction physique entre homme et robot dans le but d’améliorer les relations aux aides techniques des patients.
Christophe Huchet chef d’entreprise pendant vingt ans, coach professionnel depuis trois ans, est membre affilié de l’ISIR.

Nathanaël Jarrassé commence par évoquer la prothèse dont Christophe, né sans avant-bras droit, est équipé. Il s’agit d’un prototype conçu pour une compétition appelée Cybathlon. Le Cybathlon n’est pas encore très connu, mais a vocation à devenir une épreuve internationale. Il s’agit d’un ensemble de compétitions sportives se déroulant pendant les Jeux Paralympiques. Il permet à des athlètes de pratiquer des sports avec des aides techniques actives. L’idée est de stimuler et promouvoir la recherche ainsi que la question du handicap et de l’inclusion.

Après avoir explicité schématiquement, le fonctionnement de la prothèse extrêmement sophistiqué de Christophe, monsieur Jarrassé souligne que le décodage de l’intention motrice est au cœur de leur recherche. La problématique est de réussir à donner le contrôle du ressenti à l’utilisateur par l’intermédiaire de ces dispositifs.
Ils travaillent actuellement sur le décodage des contractions musculaires grâce à des électrodes placées à la surface de sa peau. Un algorithme d’intelligence artificielle décode les modèles particuliers des contractions effectuées. Ainsi, il va générer des actions de la prothèse.
Ils travaillent également sur le décodage du langage corporel. Des capteurs de mouvement analysent celui-ci, la prothèse agissant en coordination avec le reste du corps. L’objectif est que l’utilisateur n’ait plus à penser à chaque articulation et que les mouvements de la prothèse soient en harmonie avec son corps. Ils privilégient toujours la relation avec les usagers et l’approche non invasive. Ce projet accorde au facteur humain toute son importance dans la recherche technologique pour le handicap. Ils essayent, notamment, de mener une recherche et développement inclusive.
Christophe Huchet affirme qu’il est estomaqué des potentialités offertes par les prothèses.
Le plus remarquable est, pour lui, la reconnaissance que lui manifeste l’ISIR, en l’intégrant, comme pilote et membre à part entière de l’équipe. L’utilisation régulière de sa prothèse lui permet de ne plus avoir à penser à la façon il effectue ses mouvements, mais, tout simplement au mouvement, qu’il veut faire.

À l’instar de Nathanaël, il salue le caractère non invasif du dispositif. La réaction de cette prothèse aux contractions musculaires est tellement fine, que, l’opération chirurgicale n’est, potentiellement, plus nécessaire. Ainsi, dès qu’elle sera accessible au plus grand nombre, les patients concernés, tels les accidentés de la route, n’auraient plus nécessairement besoin de se faire opérer.
Enfin, il partage, presque en exclusivité, leur nouveau projet. Il s’agit de la création d’une nouvelle discipline sportive dénommée Cybathlétisme. Elle reprendra les épreuves du Biathlon dans une salle et va proposer à chaque personne munie de sa propre prothèse de tenter de repousser les limites de son utilisation. L’objectif final étant de rendre le handicap le plus beau possible. En effet, il est possible d’associer l’élégance au handicap.

Relevant que, lors de leur rencontre, Nathanaël avait évoqué une problématique liée à la loi relevant du domaine de la bioéthique et de la protection de l’être humain, Mamadou Camara demande s’il serait possible de bénéficier d’un plus long développement à ce sujet.
Nathanaël Jarrassé souligne l’intérêt de rapprocher la recherche des usagers. En effet, les chercheurs et les patients bénéficient mutuellement l’un de l’autre. Si les premiers connaissent davantage les besoins et attentes réels des seconds, ces derniers, peuvent avoir un accès direct au développement technologique. Il indique cependant que, dans ce domaine, la situation reste quelque peu ambivalente du fait des strictes, mais nécessaires, règles s’appliquant à la Recherche impliquant la personne humaine (RPIA). Par conséquent, ce tiers lieu — que serait ce club de cybathlétisme — constituerait au moins un nouvel espace d’échanges et d’interactions entre ces communautés.
Admiratif, Mamadou Camara salue et félicite les intervenants.
Retrouvez également le compte-rendu de l’intervention d’Elisabeth Moreno
Crédit photos : Ida Morin (2,5) et Pierre-Marie Achart (1,3,4)


